Début du combat : 12/04/2016

La Mairie de Biarritz (France) porte un projet d’aménagement de son littoral entre la Côte des Basque et Marbella.
Au niveau de Marbella, le projet initial prévoyait des travaux d’enrochement au niveau de la plage, afin de protéger le front de mer, de limiter le recul du trait de côte et de créer une zone dédiée à la promenade et la mobilité douce. Si cette ambition est cohérente en ce qui concerne le confortement de falaise les aménagements prévus et la méthodologie mise en œuvre nous amène en revanche à nous manifester.

Le projet initial menaçait d’une part, la plage de Marbella, la seule de la zone proposant une langue de sable à marée haute, et, d’autre part, la pratique du surf (un aménagement de même nature ayant entrainé la disparition de la vague de « la mousse », située au Nord de la plage de Marbella).
Deux collectifs citoyens se sont créés via Facebook : Sauvons Marbella et SOS Biarritz pour médiatiser la problématique et inciter la ville de Biarritz à modifier le projet.

Alarmée par ses adhérents, Surfrider Foundation Europe et son antenne bénévole locale Surfrider Côte Basque ont rencontré les acteurs locaux afin d’identifier et de soulever les différents enjeux relatifs à ce dossier, qu’ils soient environnementaux ou liés aux usages.

Suite à de nombreux échanges avec le collectif Sauvons Marbella et avec Surfrider Foundation Europe, la mairie de Biarritz a choisi de retravailler le projet. La promenade en bas de falaise a été abandonnée et l’enrochement devrait être réalisée de manière moins invasive et devrait ne pas impacter la plage. Toutefois, la faisabilité du projet restant encore à confirmer, Surfrider Foundation Europe et son antenne locale appellent à une certaine vigilance et à une participation de l’ensemble des parties prenantes afin d’anticiper de nouvelles crispations et les conflits d’usages.

« D’un point de vue technique l’enrochement de la plage de Marbella n’est pas forcemment adapté. Cette zone est de nature « macrotidale », c’est-à-dire qu’elle est soumise à l’arrivée de vagues potentiellement fortes et donc chargées d’énergie. Or, un enrochement ne permet pas une absorption optimale de cette énergie qui va repartir, emportant avec elle une partie du sable présent sur le rivage. Potentiellement ce « départ » de sable modifiera la plage ainsi que les fonds marins, et par voie de conséquence les conditions de surf. Ce type de situation s’est déjà largement produit et constitue un point de vigilance qui nous importe. Il en va de même pour la prise en compte des enjeux qui, à notre sens, ne saurait se faire sans une véritable concertation ouverte et bienveillante, permettant d’intégrer et surtout de prendre en compte les enjeux de chacun. » citation de Philippe Maison, manager du pôle environnement

Face à la pression du changement climatique sur nos océans et nos littoraux, des projets d’aménagement commencent à voir le jour dans le cadre de stratégies d’atténuation ou d’adaptation et vont se multiplier. Le déficit de dialogue avec les citoyens et les différentes parties prenantes dans la mise en œuvre de projets locaux est bien souvent problématique et peut aboutir à des crispations fortes. Les cadres règlementaires actuels qui régissent la concertation montrent clairement leurs limites alors que ce dialogue entre l’ensemble des parties prenantes et nourrie d’expertise est une condition de la réussite de la transition écologique.
Au travers du projet d’aménagement de la plage de Marbella, Surfrider souhaite alerter sur les enjeux de dialogue avec les parties prenantes et demande à être intégrée aux futures discussions.

Chronologie des faits

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