Start of the action : 04/08/2016

Donald Trump est un businessman américain dont l’empire colossal est chiffré à plusieurs milliards de dollars. Il est plus connu en Europe pour être le candidat républicain aux présidentielles américaine qui auront lieu le 8 novembre 2016.

Trump est passionné par une chose : construire des murs. Il a d’abord promis, lors de sa campagne présidentielle, d’en construire un entre les Etats-Unis et le Mexique pour limiter l’arrivée des migrants. Plus récemment, il a déposé une demande d’autorisation pour construire un mur de 2,8 km sur une plage de l’ouest irlandais dans le seul but de protéger son parcours de golf, le Trump International Golf Links & Hotel. Son parcours s’étend le long de la plage de Doughmore où l’érosion grignote les dunes à proximité et menace certains trous du parcours.

Boughmore_Localisation_Map

L’idée de Trump : construire un mur de 200 000 tonnes de roche entre la plage et les dunes pour tenter de stopper l’érosion. Ce mur s’étendrait sur 2.8 km de long et mesurerait plus de 5 m de haut.

Doughmore_qq_impacts

Cette infrastructure altérerait fortement la dynamique du cordon dunaire. Actuellement, le sable sec de la plage est emporté par le vent. Ce sable se dépose en haut des plages pour former les dunes. L’inverse est également vrai dans une moindre mesure. Les dunes participent à la recharge en sable de la plage. La construction de ce mur risquerait d’accentuer la pente de la plage ce qui réduirait la zone de sable sec. L’apport de sable aux dunes serait dans ce cas fortement diminué. Sur le long terme, le risque est de voir disparaître la plage, les dunes et les bancs de sable qui contribuent à la formation de vagues de qualité.

Ce projet impacterait également la faune de l’écosystème dunaire. Plus de 125 milles m² de dunes primaires sont menacées. Cet espace accueille notamment une espèce d’escargot préhistorique Vertigo anguistor, une espèce menacée d’extinction.

Vertigo angustior

Vertigo angustior

L’une des raisons pour lesquelles Trump veut à tout prix construire ce mur est qu’il souhaite accueillir l’Irish Open. Pour accueillir une compétition de haut niveau, le parcours du golf doit être statique. Or, ce paramètre est justement contrarié par l’érosion. Trump est un climato-sceptique. En d’autres termes, il ne croit pas au changement climatique. Chose à la fois drôle et étonnante, il argue que son golf a besoin d’être protégé par l’érosion marine causée par la montée des eaux, elle-même causée par le changement climatique. Le chat se mord la queue! Pour arriver à ses fins et rallier les habitants locaux, Trump appuie son discours sur un véritable chantage à l’emploi. Le Trump International Golf Links & Hotel emploie 87 personnes en basse saison et jusqu’à 201 personnes au plus fort de l’année. Trump menace de revendre son entreprise dans le cas où il ne serait pas autorisé à protéger son parcours contre l’érosion. Autre point de pression, il prétend qu’il investira dans un centre événementiel si son mur est construit.

Surfrider Foundation Europe a choisi d’intégrer une coalition d’associations locales et internationales. Les associations engagées sont les suivantes :

Les Gardiens de la Côte s’opposent naturellement à ce projet. Il s’agit en effet de dire NON à un projet qui va bouleverser la dynamique sédimentaire et ainsi, mettre en péril la plage, les vagues et les usages locaux. Rappelons également que ce type de construction est inadapté sur une telle zone à forte énergie de vague. Il s’agit de dire non également au chantage à l’emploi et de promouvoir ici la concertation car, en effet ne pourrait-on pas envisager que chacun puisse continuer de pratiquer ses activités ? Comment ? Tout simplement en envisageant de déplacer le golf. On ne peut pas déplacer l’océan et lutter contre son énergie est peine perdu (l’histoire nous l’enseigne partout, il ne s’agirait que de repousser l’inéluctable et de déplacer momentanément le problème avec un coût en terme économique, environnemental, social…   …un coût de couteau en plein cœur du développement durable et de l’Irlande). Dans ce cas, ayons l’humilité et la simple présence d’esprit d’imaginer le repli et donc le déplacement du golf. D’autres solutions existent. Trump doit le savoir et ne pas faire l’autruche avec une posture absolument ancré dans un passé qui a fait les preuves de ses erreurs.

Agissez maintenant en Soutenez les Gardiens de la Côte et exprimez votre désaccord avec ce projet auprès des autorités Irlandaise du Clare County Councilors et de l’An Bord Pleanala. Ils décideront prochainement de l’avenir de la plage de Doughmore et des dunes de Carrowmore. 

Signez et faites signer la pétition !


 

L’avis de Philippe Maison (expert en aménagement de littoral chez Surfrider Foundation Europe)

Il me semble assez clair que ce projet impactera la dynamique sédimentaire du fait de l’énergie réfléchie (et donc d’une mobilisation des sédiments de la plage) mais aussi de la rupture de lien terre-mer et donc du potentiel rechargement en sédiment provenant de la terre. Le système sédimentaire est actuellement en équilibre et, hors mis l’aléa climatique de moyen/long terme et l’aléa météorologique (tempêtes telles que celle de fin 2013 sur la côte ouest Irlandaise), tous deux naturelles (si l’on peut parler ainsi pour le changement climatique – les causes sont anthropiques mais la réponse est bien l’œuvre de l’écosystème qui s’adapte), la construction de ce mur va ajouter un aléa supplémentaire protégeant l’enjeu « golf » mais mettant en péril les enjeux « plage », « surf et activité nautique », « promenade sur la plage » et « biodiversité ». En outre, la résilience va prendre un sacré coup sur la carafe ! Ce ne sont là que quelques arguments mais, il me semble assez clair que ce projet de construction est, pour le moins, parfaitement détestable. Ainsi, sous couvert de protection contre l’érosion d’un complexe golfistique, il s’agit, d’une part de mettre en péril d’autres usages et, d’autre part, d’apporter une solution inadaptée et, in fine, apportant d’avantage de problème que de solution (renforcement de l’érosion, effondrements,…). Le déplacement du golf (et, pourquoi pas, sa reconfiguration – on connait l’impact calamiteux des golfs en terme d’utilisation de fertilisants et de pesticides…) semble ici le meilleur moyen de permettre à chacun de vivre en harmonie avec l’écosystème. Chaque usage pourrait alors parfaitement cohabiter et Doughmore s’en porterait pour le mieux

 

 

Le Gardien

Ce combat est géré par le siège de Surfrider Foundation Europe

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