Début du combat : 18/11/2020

Au nord de la commune de Saint Jean de Luz sur la côte basque, la mairie s’apprête à vendre un terrain de 4 ha pour permettre à l’entreprise Boardriders (marques Quiksilver, Roxy, Billabong…) de construire un surf park géant… à 1,5 km de l’océan et des vagues naturelles !

RÉSUMÉ DE LA SITUATION

 

Alertés par un article de presse au début de l’été 2020 et la mise en ligne d’une pétition (à ce jour signée par près de 70 000 personnes), les associations locales se sont très vite mises au travail pour informer et mobiliser, notamment par l’organisation d’une réunion publique au cinéma de Guéthary le 28 septembre et de nombreux contacts avec la presse locale et nationale.

Il s’agissait de très vite créer un consensus contre le projet pour que les investisseurs nécessaires à sa réalisation hésitent à s’engager.

D’un point de vue administratif, seul le Plan Local d’Urbanisme a été modifié à ce jour (18 novembre 2020) pour rendre les terrain constructibles. Ni le projet architectural, ni l’enquête d’impact environnementale n’ont été publié.

LES DÉFENSEURS

 

Le collectif Rame pour ta Planète – qui s’était fait connaitre en 2019 en organisant des rames dans l’océan pour mobiliser les surfeur·ses et faire entendre la voix de l’océan – s’est saisi du dossier et coordonne l’opposition au projet avec l’antenne côte basque de Surfrider.

Pour exposer leurs arguments ils ont mis en ligne le site internet qui donne 24 raisons tant économiques, écologiques ou surfistiques de dire NON, PAS EN MON NOM. C’est d’ailleurs le titre d’une tribune qu’ils ont fait signer au plus grands noms du surf français (Léa Brassy, Antoine et Edouard Delpero, Justine Mauvin, Vincent Duvignac, Lee Ann Curren…) et par des milliers de surfeur·ses anonymes. Une manière de dire haut et fort : « vous voulez construire une piscine à vague pour nous, mais nous n’en voulons pas ! ».

 

PROBLEME ENVIRONNEMENTAL

 

Le projet doit détruire une prairie – avec vue sur l’océan – dans laquelle vivent des ânes et des chevaux et raser une forêt naturelle centenaire pour construire un bassin de forme triangulaire de 155 m de côté, ainsi que 1 500 m2 de bureaux et commerces (boutiques de vêtements, bar, restaurant, hôtel de 75 à 100 chambres…). Les bâtiments sont envisagés sur 3 à 4 niveaux de hauteur (rez-de-chaussée plus 2 ou 3 étages). A cela il faut ajouter un bâtiment technique pour la machinerie et l’entretien, – une voie d’accès, un parking d’environ 500 places, ainsi que le réaménagement de la portion de la route desservant ce site depuis la RD 810.

Selon les données du constructeur, la société Wavegarden, qui a communiqué sur un projet équivalent prévu à Castets dans les Landes, le bassin et le lagon attenant contiendront 37 000 m3 d’eau qu’il faudra filter quotidiennement et renouveler une fois par an en les déversant dans le réseau communal et la station d’épuration locale (déjà hors norme depuis 2012). Sans compter sur les centaines de m3 d’eau à rajouter chaque jour pour compenser l’évaporation naturelle.

Par ailleurs, un surf park consomme de l’énergie pour créer des vagues. 1,6 kWh pour une vague de petite taille (1,2 m pendant 10 s), trois fois plus pour une vague de 1,5 m de 15 s et les chiffres continuent d’augmenter de façon exponentielle pour des vagues plus grosses. Sachant qu’un foyer français de 4 personnes (2 adultes et deux enfants) consomme 13,7 kWh par jour, chaque surfeur·se utilise l’électricité de trois familles par jour pour une session d’une heure sur des vagues de taille moyenne. Sans compter l’énergie nécessaire pour les commerces, les bureaux, l’hôtel et le système de filtration de l’eau, ce qui double encore les besoins quotidiens.

 

CONTEXTE JURIDIQUE

 

Une association de riverains a mandaté un avocat pour exploiter une potentielle faille administrative et faire annuler la constructibilité des terrains concernés.

NOTRE REQUÊTE

 

Les scientifiques du monde entier nous alertent chaque jour de l’impact néfaste des activités humaines sur les écosystèmes et de la catastrophe en cours due au réchauffement climatique. Il est urgent de stopper les projets déconnectés des enjeux environnementaux auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés.

Nous ne voulons pas de cette piscine en béton et des ses vagues artificielles javellisées. Nous souhaitons que la forêt reste en l’état et qu’une partie de la prairie soit mise à disposition d’un maraîcher pour produire des légumes en circuit court qui pourraient alimenter par exemple certains restaurants de la commune, sans oublier une dimension pédagogique avec l’accueil de scolaires dans le champ.